Bouaké: un jeune homme tué dans des altercations entre bandes rivales

Bouaké360-Bouaké (Côte d’Ivoire)

Moussa Diallo, 19 ans a été atrocement tué par des coups de machette le dimanche 13 septembre 2021 à Bouaké à la suite d’une série de règlements de compte entre bandes rivales de jeunes de cette deuxième ville ivoirienne.

Photo d’archive utilisée à titre d’illustration

Moussa Diallo dit rougeau, mécanicien de profession a perdu la vie dimanche matin aux alentours de la préfecture de région de Bouaké après avoir reçu plusieurs coups de machette d’une extrême violence  à la tête ainsi que sur différentes parties de son corps. Il a été sauvagement abattu par des jeunes voyous venus du quartier Koko, ont affirmé plusieurs sources proches de la victime.

Pour comprendre les causes de cette mort tragique du jeune Moussa, il faut remonter à la nuit du samedi à dimanche. Selon d’autres sources, toute cette affaire se serait déclenchée suite à une altercation survenue dans un cabaret-fumoir à Koko entre un jeune de ce quartier et un autre du quartier voisin de Djamourou. Ce qui a entrainé une bagarre rangée qui se serait soldé par un blessé du côté de la bande de Koko.

Les choses se sont envenimées le dimanche, quand un groupuscule muni d’armes blanches s’est déferlé vers Djamourou pour venger l’affront subit par leur camarade, la veille. Cette sortie s’est terminée par le crime atroce du jeune Moussa Diallo.

Unique enfant de sa famille et habitant de Djamourou, cette mort tragique du jeune mécanicien a fini par créer l’émoi dans ce quartier populaire de Bouaké. Sans attendre, les jeunes de ce faubourg se sont alors organisés à leur tour, se munissant de machettes et de gourdins ils ont lancé une vendetta à la trousse des présumés assassins retranchés selon eux à Koko. C’est le branle bas à Koko. La furie des ressortissants de Djamourou s’abat sur d’innocentes personnes croisées sur leur route. De nombreux cas de violences physiques sont enregistrés à la suite de cette expédition punitive des jeunes venus du quartier voisin.

Ce différend entre bandes rivales au départ s’est donc peu à peu transformé en conflit entre deux quartiers populaires de Bouaké, à savoir Koko et Djamourou.

La tension était encore perceptible lundi matin après une autre vague de descente musclée sur Koko. Malgré l’ouverture d’une enquête judiciaire par le commissariat du 2è arrondissement sur cette affaire, un groupe venu de Djamourou a décidé d’organiser une battue au quartier Koko à la recherche des présumés assassins de leur frère. Une action qui a provoquée le courroux d’autres jeunes de Koko qui se sont donc opposés à cette autre agression.

Informé de la situation, le commissaire du 2è arrondissement, Bakayoko Souleymane Gaoussou et ses hommes ont aussitôt décidé d’entreprendre une série de médiations entre les deux quartiers. Des séances de sensibilisation ont été également organisées de part et d’autre. Ce qui a fortement contribué à faire baisser la tension entre les deux camps.

Le calme était donc revenu lundi soir après un déploiement des forces de sécurité dans les deux quartiers voisins.

L’enquête ouverte par le commissaire Bakayoko et ses hommes du 2è arrondissement de Bouaké a permis sous la houlette du préfet de Bouaké à l’interpellation de la quasi-totalité des tueurs de Moussa Diallo, ont rassuré les autorités policières.

Cheik Koné

Lycée 2 de Bouaké/ Suspension des cours: Yéo Seydou le proviseur lance un S.O.S

Bouaké360-Bouaké (Côte d’Ivoire)

Dans un entretien accordé à Bouaké360 ce mardi 2 janvier 2021 le proviseur du lycée moderne 2 de Bouaké, Seydou Yéo, explique les raisons de l’arrêt des cours de 72 heures décrété par ses enseignants, et parle sans détour de cet établissement public dont il a la charge depuis le 29 décembre 2011.

Propos recueillis par Eliezer Rodemi

Bouaké 360 : Présentez vous

Je suis Yéo Seydou proviseur du lycée moderne 2 de Bouaké depuis le 29 décembre 2011.

Bouaké 360 : Nous avons appris la suspension des cours dans votre établissement, en tant que premier responsable de quoi il s’agit ?

Proviseur : Les cours ont été suspendus pour une durée de 72 heures par les enseignants qui se plaignent d’un climat d’insécurité qui s’exprime par le fait que ce jeudi dernier, les élèves se sont opposés à l’arrestation de leur camarade par la police et le lendemain deux gamins ont perturbé les cours pour des raisons qu’on ignore. A cet effet, les enseignants ont estimé qu’il y’avait trop de perturbations et cela crée un climat d’insécurité donc ils observent un arrêt de cours de 72 heures pour protester contre cette situation d’insécurité et aussi ils ont souhaité que des mesures idoines soient prises pour garantir leur sécurité.

Bouaké 360 : A votre niveau qu’elles sont les méthodes voir les procédures menées pour la reprise des cours les jours à venir ?

Proviseur : Soucieux du bien être des ses collaborateurs et de ses enfants (élèves), on entreprend toujours des démarches pour le bien être de nos collaborateurs. On a affaire à des enfants qui n’ont rien à faire et qui viennent pour nous perturber donc nous avons saisi les forces régulières à travers la préfecture de police mais avant nous avons mis en place une petite police interne pour endiguer le phénomène mais il faut dire que les agressions ne se font pas forcément au lycée. En dehors du lycée il y’a un nombre important d’enfants venant d’un quartier précaire qu’on appelle Miangabougou qui font la loi au lycée ces jours ci, ils viennent dans la cours ou en dehors de l’école agressent les enfants pour prendre leurs petites monnaies donc pour cela les forces viennent souvent patrouiller à l’école et ça pour endiguer le phénomène mais il faut dire qu’il y’a toujours des résidus.

Bouaké 360 : C’est à dire que le lycée rencontre des difficultés ? Si oui lesquelles ?

Proviseur : Effectivement, le lycée moderne 2 de Bouaké, rencontre d’énormes difficultés. D’abord nous n’avons pas de clôture, la clôture est poreuse. Le lycée a été construit pour 1000 et qu’on se retrouve à près que 6000, le manque de salle de classe, il y’a plus de salle spécialisée, à côté nous devons recevoir beaucoup d’élèves donc nos classes sont surpeuplées. Aussi nous sommes en double vacation de la 6ème à la 1èreA et les élèves sont autour de 100 voir 125, également la clôture n’existe vraiment pas donc le lycée est poreux donc les gens rentrent de partout pour nous perturber et il en ait de même pour les bureaux des professeurs qui sont largement dépassés. Le personnel manque de bureau, les éducateurs sont à 4 voir plus, ce qui ne permet pas certaines écoutent des élèves.

Le lycée est poreux et les enfants vivant aux environs l’ont choisi comme leur lieu de guéguerre, les affrontements de quartier se sont transposés ici.

Pour cette année nous accusons un déficit de 9 professeurs (7 professeurs de mathématiques et 2 professeurs de physique chimie), il y’a des soucis donc pour palier ce déficit nous avons pu recruter des jeunes gens qui dispensent ces cours. Pour les autres disciplines ça va.

Bouaké 360 : Un appel à lancer ?

Proviseur : Oui, l’État essaie de faire ce qu’il peut mais je voudrais demander aux anciens du lycée de nous venir en aide mais au passage dire merci au ministre Amadou Koné, ministre des transports qui a fait beaucoup mais à qui nous demandons encore de nous venir en aide ainsi que les autres anciens et à toutes personnes désireuses d’aider le lycée à se signaler. Aussi aux parents pour qu’ils s’impliquent dans la sécurisation de notre établissement, qu’ils s’impliquent également dans l’éducation des enfants parce qu’il y a des enfants qui tirent leurs amis vers le bas. Ils appellent leurs camarades des autres établissements à venir perturber les cours ici. Quand ce n’est pas eux même directement et à coté de ça sous l’effet de la drogue ils attaquent d’autres élèves. Aussi aux autorités, je leur demande de s’orienter sur le lycée moderne 2 parce que c’est le lycée phare de cette zone et la demande est très forte aussi il n’a pas connu de réhabilitation encore moins de construction mais seulement nous demandons la construction d’une dizaine de salle pour avoir des effectifs acceptables.

Aussi que les forces de sécurité prennent à bras le corps ce problème. Parce que malgré tout cela le lycée 2 fait de bons résultats et il y’a des élèves qui ont envie de travailler et on doit aider ces élèves consciencieux et les enseignants pour relever ce défi de la qualité de l’école. Au rappel des fumoirs et des armes se retrouvent au sein du lycée. La faute revient à qui ?

Bouaké : les cours suspendus au lycée 2 pour « insécurité »

APA-Bouaké (Côte d’Ivoire)

Le corps enseignant du lycée moderne 2 de Bouaké observe depuis ce lundi 1er février 2021, un arrêt de travail de 72 heures, pour dénoncer un climat d’insécurité généralisée dans leur établissement, secoué depuis quelques jours par des manifestations violentes d’élèves, a constaté Bouaké360, sur place dans la deuxième ville ivoirienne.

Les salles de classe restaient encore fermées ce mardi 2 février 2021 au lycée moderne 2 de Bouaké, au nord de la ville, près de 5 jours après des manifestations d’élèves contre des forces de l’ordre, transformées par la suite en bagarres rangées et en attaques à l’arme blanche entre bandes rivales.

« Au vu de tout ce climat d’insécurité qui règne ici nos différents syndicats ont décidé d’une suspension des cours pour 72 heures (du lundi 1er au jeudi 4 février 2021) en vue d’attirer l’attention des autorités de Bouaké sur cette situation de plus en plus récurrente dans cette école », a expliqué un enseignant du lycée sous le couvert de l’anonymat.

Selon une élève, ces violences ont commencé le jeudi dernier quand des policiers ont fait irruption dans l’établissement pour arrêter un des leurs qui serait l’auteur d’une agression au couteau contre une de ses camarades de classe.

« Les camarades de bande de ce dernier se sont donc opposés à cette arrestation en agressant les policiers en retour. Le lendemain matin la manifestation s’est ensuite transformée en bagarre rangée entre différentes bandes ennemies pour ou contre l’arrestation de l’agresseur au couteau », s’est ensuite confiée notre source.

En février et avril 2017, les enseignants de ce lycée public, l’un des plus grands de la ville, avaient observé plusieurs jours d’arrêt de travail pour protester contre des agressions d’élèves qui avaient blessé un professeur à l’œil, cassé des portes de classe et le véhicule du proviseur pour réclamer des congés de « Saint valentin » qui n’existe nulle part dans le calendrier scolaire en Côte d’Ivoire.

Cheik Koné