Agressions des Nigériens en Côte d’Ivoire : l’auteure de la Fake news condamnée à 5 ans de prison ferme

Bouaké360-Bouaké (Côte d’Ivoire)

Nawa Fofana, l’administratrice de la page facebook « Succès » et auteure de l’appel à la haine contre les ressortissants Nigériens vivant en Côte d’Ivoire mercredi dernier, a écopé en comparution immédiate le vendredi 21 mai 2021 de cinq années de prison ferme et d’une amende de deux millions de francs CFA pour incitation au trouble et appel au meurtre, indiquent plusieurs sources sécuritaires.

Interpellée par la Plateforme de Lutte Contre la Cybercriminalité (PLCC), jeudi, au lendemain de son direct sur les réseaux sociaux ayant officiellement provoqué la mort d’une personne, fait plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels à Abidjan dans la capitale économique ivoirienne, dame Nawa Fofana croupit depuis hier à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA).

Les enquêtes menées en amont par la PLCC avec l’appui du Laboratoire de Criminalistique Numérique (LCN) ont donc permis de remonter jusqu’à elle. Interpellée puis conduite dans les locaux de la PLCC, elle a été soumise à une audition où elle a reconnu être l’auteur de la vidéo. Pour les enquêteurs, même si cette dernière a affirmé ne pas être responsable des troubles car, elle aurait juste relayé ce qu’elle avait entendu. Cela dit, précisent les fins limiers du département scientifique de la police nationale, « notre loi réprime autant ceux qui publient des fausses informations, que ceux qui les relaient ».

Selon l’article 65 de la loi N° 2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité;  » Est puni de six mois à deux ans d’emprisonnement et de 1.000.000 à 5.000.000 de francs CFA d’amende, le fait pour toute personne de communiquer ou de divulguer par le biais d’un système d’information, une fausse information tendant à faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration de biens ou une atteinte aux personnes a été commise ou va être commise « ; et l’article 62 de la même loi « Est puni de un mois à cinq ans d’emprisonnement et de 1.000.000 à 20.000.000 de francs CFA d’amende, le fait pour une personne de produire, de mettre à la disposition d’autrui ou de diffuser des données de nature à troubler l’ordre public ou à porter atteinte à la dignité humaine par le biais d’un système d’information. »

Le mercredi 19 mai 2021, la page Facebook «Succès» lance une vidéo en direct. Dans cette vidéo qui dure 19 minutes et 53 secondes, on peut constater une voix féminine qui s’adresse à plusieurs commerçants au marché d’Adjamé à Abidjan. L’auteure de la vidéo indexe la communauté nigérienne. Elle mentionne une vidéo parue sur Facebook dans laquelle des ivoiriens résidant au Niger auraient subi des actes de violence et des sévices corporels de la part des nigériens. Cette information provoque l’indignation non seulement des commerçants, mais également des abonnés de la page « Succès ». Ces propos suscitent 14 mille réactions et plus de 8 mille partages à travers la toile. Ils sont pour la plupart accompagnés de messages à caractère xénophobes et d’appels à s’attaquer à l’intégrité physique de la population nigérienne vivant en Côte d’Ivoire. Les conséquences sur le terrain ne se font pas à attendre. En début d’après-midi, la communauté nigérienne, est prise à partie par des groupes de jeunes en colère. D’abord à Daloa, puis cela s’étend dans plusieurs communes dans le district d’Abidjan. Les entreprises et commerces sont détruits et pillés. Les agressions se poursuivent même sur d’autres communautés faisant ainsi de nombreux blessés et un mort.

Eliezer Rodemi et Cheik Koné

Côte d’Ivoire : Un mort et plusieurs blessés suite à des violences sur des Nigériens (Dernier bilan)

Bouaké360-Bouaké (Côte d’Ivoire)

Au moins une personne a été tuée et plusieurs autres ont été blessées en Côte d’Ivoire au lendemain d’une série d’actes de violences exercée sur des ressortissants de la Cedeao, principalement des Nigériens, selon un dernier bilan dressé, le jeudi 20 mai 2021 par le procureur de la République, Richard Adou.

« Au triste bilan provisoire de ces actes de violence, on dénombre un mort, plusieurs blessés graves, des véhicules caillassés et calcinés, des commerces pillés et incendiés ainsi que de nombreux dégâts matériels dans plusieurs communes du District autonome d’Abidjan », souligne un communiqué signé par le procureur Richard Adou.

Prenant prétexte de la publication sur les réseaux sociaux d’un élément vidéo non daté, montrant des individus torturer d’autres, dits à tort, être des Ivoiriens, des personnes ont molesté des ressortissants d’un pays membre de la Cedeao, dans la matinée du mercredi 19 mai 2021, sacageant et pillant leurs biens, rapporte le texte.

C’est pourquoi, poursuit M. Adou nous appelons « ardemment les uns et les autres au calme, à la retenue et à la responsabilité, et à mettre immédiatement fin à ces actes infractionnels et d’une particulière gravité ».

Le procureur a en outre indiqué que « plus d’une vingtaine de personnes ont été interpellées à la suite de ces évènements et que les enquêtes sont en cours pour retrouver les auteurs de ces actes de barbarie ».

L’enquête vise également « tous ceux qui de quelque manière que ce soit ont contribué à leur commission afin de leur faire subir la rigueur de la loi pénale », précise ensuite la note.

En outre, rappelle le procureur Richard Adou dans le document « la publication, la diffusion et la reproduction par quelque moyen que ce soit de nouvelles fausses, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers est sanctionnée par la loi pénale ».

Des ivoiriens ont agressé, mercredi, à Abidjan, des ressortissants Nigériens suite à une vidéo abondamment partagée sur les réseaux sociaux. Cette vidéo qualifiée de Fake news mettait en scène des individus qui se faisaient tabassés.

Cheik Koné

Côte d’Ivoire : 10 blessés dans des affrontements à Abidjan suite à une vidéo Fake news

Bouaké360-Bouaké (Côte d’Ivoire)

Au moins dix personnes ont été blessées et plusieurs dégâts matériels ont été enregistrés le mercredi 19 mai 2021 à Abidjan, dans la capitale économique ivoirienne suite à une vidéo qualifiée de Fake news (fausses informations) qui circulait sur les réseaux sociaux et qui mettait en scène des actes de violences sur des individus.

« Cet après-midi, il y a eu des incidents à Abobo, à Anyama, à Yopougon à Angré et hier (mardi) à Daloa », a déclaré sur les antennes de la télévision nationale ivoirienne première chaîne, le ministre de l’intérieur et de la sécurité, le Général Vagondo Diomandé, soulignant que ces « incidents sont consécutifs à une vidéo qui circulait sur les réseaux sociaux et qui mettait en scène des actes de violences sur des individus ».

Cette vidéo a été interprétée par certaines personnes qui ont fait croire qu’elle concernait des Ivoiriens qui étaient des migrants au Niger, alors que la vérification de cette vidéo montre qu’elle a été tournée il y a deux ans au Nigeria, un pays anglophone.

« A la suite de cette interprétation, des actes de violences visant essentiellement la communauté nigérienne ont été perpétrés dans les localités que je viens de citer », a-t-il poursuivi en rappelant que la veille (mardi) à Daloa, dans le centre ouest ivoirien, « quelques individus ont tenté de molester des nigériens ».

« Aujourd’hui encore à Abobo, à Anyama, à Angré, à Adjamé et à Yopougon, d’autres individus ont tenté la même chose. Les forces de sécurité se sont interposées, mais malheureusement, ces incidents ont provoqué en terme de bilan 10 blessés, 12 interpelés, 6 véhicules calcinés et une douzaine de magasins pillée», a fait observer le ministre de l’intérieur et de la sécurité.

« Notre pays a retrouvé la paix. Je tiens à insister sur les dispositions que le gouvernement prend pour mettre la main sur tous les fauteurs de troubles. Les enquêtes sont en cours » a indiqué Vagondo Diomandé.

Selon lui, «Ces enquêtes nous ont déjà permis d’interpeler dans le cadre de ces agissements, dix individus (…) ces enquêtes continuent et elles nous permettront de mettre à nu l’auteur de cette vidéo, celui qui l’a diffusé, tous ceux qui l’ont relayé parce que beaucoup ne savent pas qu’aujourd’hui la Côte d’Ivoire dispose de moyens pour aller à la source de toutes ces publications ».

« Nous seront intransigeants avec tous les fauteurs de troubles qui s’illustreront de ces manières-là pour mettre en mal la cohésion sociale », a prévenu le ministre de l’intérieur et de la sécurité, lançant un appel au calme.

« Nul n’a le droit de se faire justice. Il faut qu’on fasse en sorte que ces agissements cessent », a-t-il conclu.

Mercredi à Abidjan, des personnes considérées comme des « Haoussa» ont été agressées par des jeunes ivoiriens à Abobo, à Anyama, à Angré, à Adjamé, et à Yopougon suite à une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux faisant état de ce que des ivoiriens ont fait l’objet d’agression par des Nigériens alors qu’il s’agit d’une vidéo qui date de 2019 et qui montre des éléments de la secte Boko Haram interpellés par les militaires de l’opération Safe Heaven et la population au nord du Nigeria.

Cheik Koné

Alerte- Côte d’Ivoire : Affrontements intercommunautaires à Abobo suite à la diffusion d’une vidéo « fakenews » sur les réseaux sociaux

Des affrontements entre communautés ivoiriennes et nigériennes ont été signalés ce mercredi 19 mai 2021 dans la commune d’Abobo à Abidjan suite à une vidéo « fakenews » abondamment partagée sur les réseaux sociaux, indiquent plusieurs sources concordantes.

Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux est présentée comme des sévices infligés à des ivoiriens dans un autre pays.

Ces insinuations sont fausses car rien ne permet d’identifier les victimes, ni de déterminer leurs nationalités. De plus cette vidéo n’est ni datée, ni géo-localisée, fait remarquer police secours sur sa page officielle Facebook.

Nous rappelons que tout acte de représailles ou de vengeance est constitutif d’infraction et de trouble à l’ordre public, conclut le communiqué